mardi 20 janvier 2026

Sarathy Korwar "There Is Beauty, There Already"

"Il y a des gens qui dansent sans entrer en transe et il y en a d'autre qui entrent en transe sans danser. Ce phénomène s'appelle la Transcendance et dans nos régions il est fort apprécié." (J. Prévert)

 

Le dernier Sarathy KORWAR offre des contours délicieusement floutés évitant la chausse-trappe des classifications réductrices. « There is Beauty, There Already » est une transe libre, formatée par un fil directeur entêtant, sorte de fil rouge vibratile. Album éminemment syncrétique qui tisse ce lien ténu mais récurrent voire obsessionnel entre un orient et un occident tous deux fantasmés.  Cliché de plus à la peau dure ? Peut-être. Mais déjà dans les années 60's, des avant-gardistes comme le couple COLTRANE ou leur comparse Pharoah SANDERS n'avaient de cesse d'explorer les vertiges statiques du jazz modal qui tutoyait le mysticisme. Sarathy KORWAR lui, opte pour une approche percussive et entêtante à confronter l'art du tabla à celui d'un jazz ouvert et affranchi du poids des traditions. Et il faudra plus rapprocher cette quête de beauté lancinante des polyrythmies du grand CAN voire des paysages hypnotiques d'une Midori TAKADA ou de la Fourth World  Music de Jon HASSELL.

  • Ethno-ambient ? Pourquoi pas.
  • Musique minimaliste ? Je prends.
  • World music ? Pas impossible...
  • New age ? Les frontières sont minces et poreuses.

Par delà les étiquettes, les pulsations apaisées de « There is Beauty, There Already » s'inscrivent dans ce grand souffle continu d'un chant du monde en perpétuelle expansion, loin de leur origine et si proches de cette vérité flottante des choses qui flotte au fond de nous... Et certainement un des disques de l'année passée ou à venir...

 

L'Un.

Sarathy Korwar "There Is Beauty, There Already" (Otherland. 2025) 

 

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