"Il y a des gens qui dansent sans entrer en transe et il y en a d'autre qui entrent en transe sans danser. Ce phénomène s'appelle la Transcendance et dans nos régions il est fort apprécié." (J. Prévert)
Le dernier Sarathy KORWAR offre des contours délicieusement
floutés évitant la chausse-trappe des classifications réductrices. « There
is Beauty, There Already » est une transe libre, formatée par un fil
directeur entêtant, sorte de fil rouge vibratile. Album éminemment syncrétique
qui tisse ce lien ténu mais récurrent voire obsessionnel entre un orient et un
occident tous deux fantasmés.
Cliché de plus à la peau dure ? Peut-être. Mais déjà dans les
années 60's, des avant-gardistes comme le couple COLTRANE ou leur comparse
Pharoah SANDERS n'avaient de cesse d'explorer les vertiges statiques du jazz
modal qui tutoyait le mysticisme. Sarathy KORWAR lui, opte pour une approche
percussive et entêtante à confronter l'art du tabla à celui d'un jazz ouvert et
affranchi du poids des traditions. Et il faudra plus rapprocher cette quête de
beauté lancinante des polyrythmies du grand CAN voire des paysages hypnotiques
d'une Midori TAKADA ou de la Fourth World
Music de Jon HASSELL.
- Ethno-ambient ? Pourquoi pas.
- Musique minimaliste ? Je prends.
- World music ? Pas impossible...
- New age ? Les frontières sont minces et poreuses.
Par delà les étiquettes, les pulsations apaisées de « There is Beauty, There Already » s'inscrivent dans ce grand souffle continu d'un chant du monde en perpétuelle expansion, loin de leur origine et si proches de cette vérité flottante des choses qui flotte au fond de nous... Et certainement un des disques de l'année passée ou à venir...
L'Un.
Sarathy Korwar "There Is Beauty, There Already" (Otherland. 2025)

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