mercredi 9 mai 2018

Les Energumenes Mixtape #9



"My life was the best omelette you could make with a chainsaw" (Thomas McGuane)
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  • Tracklist :
  • 01 -Thomas KÖNER : Tiento de las Nieves
  • 02 - John ZORN : Dark River
  • 03 - PLASTIKMAN : Convulsed (sic)
  • 04 - HAXAN CLOAK : Consumed
  • 05 - SCORN : Told You Can’t Tell (part 2)
  • 06 - Frank BREITSCHNEIDER : MAX
  • 07 - THROBBING GRISTLE : Exotica
  • 08 - Tetsu INOUE : INEVITABLE COLOURS
  • 09 - Ryoji IKEDA : Headphonics 0_0
  • 10 - Ryoji IKEDA : Headphonics 0_1
  • 11 - CristianVOGEL : Deepwater
  • 12 - HAXAN CLOAK : Dieu
  • 13 - David TOOP : dry keys echo in the dark and humid early hours
  • 14 - SCORN : Little Angel
  • 15 - Luigi TURRA : KI, ancient silence
  • 16 - HAFLER TRIO : Catoptromancy
  • 17 - SHIFTED : Life Backward
  • 18 - Chris WATSON : Vatnajökull
  • 19 - IN GIRUM : EP1
  • 20 - ORPHX : Compulsion
  • 21 - BOURBONESE QUALK : 5ears 5eyes
  • 22 - recording by Pietro RIPARBELLI : « courtyard » field
  • 23 - unknown track
  • 24 - PLASTIKMAN : Passage (out)

mercredi 11 avril 2018

FRIENDSHIP "hatred"



friendship / ˈfrɛn(d)ʃɪp
noun 
      The emotions or conducts of friends; the state of being friends.  
      “old ties of love and friendship”

"L'amitié nous donne la chance de désherber notre jardin intérieur, ou de faire fleurir notre propre désert" (J.Kelen)

Avec une pochette blanche  illustrée d’une guillotine lointaine (on saluera là une francophilie boute-en-train), des titres comme "El Chapo" ou "Bill Evans" (ça vous rappelle pas les américains punks de Charles Bronson ?), leur précédent recueil sobrement intitulé « I&II » délimitait d’emblée leur périmètre dans un genre musical où la surenchère agressive est la règle, la veste à patches et à clous crado la seule loi…
Retour sans tambour ni trompette, mais avec une poignée de mitraille, de l’énigmatique quatuor japonais : pochette  noire tout ce qu’il y a de plus opaque et titre en forme de joyeux oxymore. La couleur est donnée. Le ton lui, s’annonce d’emblée dès l’introductif « Rejected » , véritable manifeste d’un genre pourtant aussi prolifique que du chiendent : blasts compulsifs de batterie assénés en un bloc compact, larsens dissonants en échos et écorchements misanthropes de ce qui a dû, un jour ressembler à une voix humaine.. Pareil niveau de violence systématique relève du concept pur et on se prend à tutoyer les anges et vieux démons du passé, à savoir le séminal « Scum » de Napalm Death, ou les vieux Extreme Noise Terror, rien de moins. La suite de l’album est délivré à la manière d’une exécution sommaire avec l’hermétisme du tortionnaire et un subtil dosage alterné de ralentissements rampants et accélérations de rigueur.
Et s’il n’y a pas de lumière au bout de cet interminable tunnel d’à peine 25 minutes, reste le plaisir fugace et rassurant de savoir qu’il vaut mieux, parfois, savoir compter sur ses meilleurs ennemis.  

L'Un.

Friendship "Hatred" (SentientRuin. 2017)



mardi 20 mars 2018

Andrea BELFI : Alverare / Ore


"Les hommes qui pensent en rond, ont les idées courbes" – Léo Ferré

Ses parutions confidentielles  et régulières affolent toujours autant les aiguilles du compteur Geiger posé sur la table de chevet. Invariablement armé de son kit de batterie réduit au minimum pulsatif syndical et d’électronique analogique,, l’élégant Andrea Belfi se fait toujours aussi passionnant et discret. Deux parutions solos s’inscrivant dans la veine introspective du récent Natura Morta et du séminal et minimal Knots. Des obsessions qui tournent en boucles à défaut de tourner en rond. Noyée sous des nappes plus ou moins fines et enveloppantes, la fluidité d’un swing de contrepoint minimaliste et feutré désarme et hypnotise. D’une simplicité trompeuse, la ligne se veut claire et limpide comme une planche de l’école belge. Tonalité parfaite d’un oscillateur  séquencé sur un groove envoutant à la frappe tout en retenue. C’est toute l’évidence d’un « moi-même je pourrais le faire » si souvent entendu qui trahit en fait une intention maitrisée, l’œuvre aboutie, ouverte aux sens et aux autres.

  "Alveareest issu d’une commande pour un projet livre confrontant le sonore à l’architecture.
Le résultat est peut-être plus impersonnel et neutre. Les morceaux n’ont pas été écrits spécifiquement pour le disque mais sélectionnés dans la discographie de Belfi. Là où il n’y a pas d’unité temporelle réside cependant une homogénéité sourde et dépouillée, épousant parfaitement les contours du concept et des formes : musique d’effacement pour ne pas dire d’ameublement d’où ressort néanmoins en filigrane toute la discrète substance de sa musique. 

Avec ce « Ore » là, le procédé prime sur le concept, c’est la matière qui prend le dessus dans une lutte subtile et organique entre l’analogique et  l’opiniâtre pulsation martelée . La batterie retrouve pleinement sa place au centre du dispositif. Les échos de boucles se font moins prégnants que dans Natura Morta, laissant une électronique étendre la durée et geler les sons pour mieux mettre en relief les figures rythmiques éthérées qui continuent pourtant de nous travailler au corps et de nous clouer au sol.
Ce tout dernier album solo se veut plus fidèle au cheminement d’Andrea Belfi, jalon supplémentaire dans sa ligne en délicats pointillés. Il sonne déjà comme un aboutissement possible d’une carrière qui continuera pourtant de nous étonner.

L'Un.

"Ore" (Float. 2017)


"Alveare (Iikki. 2017)