
La sensation de bricolage improvisé ne dure que le temps d’une écoute : la maitrise concise du trio revêche met très clairement ses intentions en valeur, les moyens employés se dessinent en temps réel, offrant à l’entropie initiale un cadre à la fois en tension et en suspension.
Les effets des instruments restent strictement acoustiques, l’électricité des albums précédents soldée au profit des étincelles de pierres à silex entrechoquées : foisonnement confondants de cliquetis, bourdonnements, d’accords étouffés, de cordes frappées, peaux pincées, sourds grommellements mélangés comme autant d’amorces de pistes possibles. Chaque morceau-ville de confins (comme d’autres citent des noms d’oiseaux…) pose à plat les divagations asynchrones qui se cherchent, se tirent la bourre et se rattrapent, emportées vers une direction affirmée qui se dévoile à nos oreilles effarées.
Filigranes éparpillés d’un groove rare et anguleux qui tisse sa trame et s’inscrit dans une évidente essence du (post-)cool.
L'Un.
T.O.C : "Qeqertarsuatsiaat" (CircumDisc. 2015)
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