La question était : "Le monde n’est-il pas un immense restaurant ?".
(K. C. Esseiva. 2013)
Il pratique la musique comme d’autres pétrissent le pain ou labourent la terre (quand d’autres choisissent de boire un verre ou de pratiquer un art martial).
Oiseau rare dont la trajectoire en brisures de lignes s’inscrit dans les pas de ses ainés les moins académiques.
On n’en sait pas beaucoup plus au passage, et sa très discrète présence sur la Toile n’en est que plus rassurante, sa musique se voulant concrète, terre à terre et solidement chevillée au sol, plutôt que diaphane et savante ; magmas de matières sonores grumeleuses qui tournoient sur elles-mêmes. Musique à la ruralité affirmée dans ce rapport physique au son presque palpable et dénué de toute sophistication. Les manipulations sont terreuses et fuligineuses, et d’une désarmante évidence, le nez poisseux collé à la vitre embuée. Une fausse désinvolture qui s’emploie à s’approprier les vibrations, raclements et autres accidents de chants magnétiques à bras le corps.

De cette trempe d’artiste qui s’attire les noms d’oiseaux et le compliment de pmu : « mon fils de cinq ans fait mieux avec trois bouts de ficelles, un rouleau de papier kraft et les boutons de culotte qui trainent dans ses poches » : mais c’est pas faux ça mon gars… si seulement ton fils arrêtait de scotcher devant le poste télé, en attendant que tu aies réglé la dernière tournée au comptoir et les factures en souffrance; bruits de verres qui s’entrechoquent, raclement du cendrier en métal, trois boutons de nacre au fond d’une poche trouée. Art brut.
"L’oiseau pose ses fesses, la femme s’envole"
(L’Un. 2002).
Kiko C. ESSEIVA : "Drôle d'oiseaux" (Hinterzimmer. 2012)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire