
Scott Morgan, qui pilote le plus
tranquillement du monde son projet
ambient Loscil depuis une
bonne dizaine d'années, s'immerge au préalable dans un lieu donné
jamais vraiment éloigné de chez lui, histoire d'en prendre le pouls
et la température. Là, c'est dans une friche portuaire de sa
pluvieuse Vancouver qu'il aura posé ses oreilles aux aguets pour en
retranscrire l'idée du truc, bande-son possible pour un paysage
ouvert aux
éléments,
univers sonore parallèle au pré-existant qui l'enveloppe de ses
pulsations baignées dans des tonalités oscillant entre chaud et froid. Ce
septième ou huitième album s'inscrit posément dans le continuum
des productions antérieures sans bouleverser le concept quasi
aquatique parfaitement rodé jusqu'à l'érosion. Les textures amples tissent un mur liquide et massif. Seuls un rythme
sourd aux battements graciles intra-utérins et de discrètes
perturbations électroniques viennent
perturber ce souffle continu, contemplatif et feutré. On se situe là
aux frontières croisées de paysages transitoires brumeux et
brouillés, d'un électro-dub radical mâtiné d'
ambient-music
exigeante et aboutie. Le voyage
en hiver statique et vaguement floconneux, à contempler le théâtre
d'un monde en sourdine, assis dans les herbes sauvages de l'autre
côté de la rive, au confluent des vents d'altitude et autre
courants sous-marins ; le pont rouillé à traverser, jamais très loin.
L'un
LOSCIL : "Sketches from New Brighton" (Kranky. 2012)
du son par ici et des news sur son site
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