jeudi 18 décembre 2025

2025 dans le périscope (pt 2/2)

Alors, on y vient (et probablement rien que pour ça, point d’orgue de l’activité du blog – les stats parlent……), what's in my bag* cette année ? Quels sont ces disques d'à-côtés, ces vieilles merdes des années 70's ** qu'on ne cesse de (re-) découvrir avidement, à force de chiner dans les recoins les plus sombres de la sphère digitale ou dans les vieux bacs des disquaires qui ont fait exploser les prix depuis la résurrection du format vinyle ? Toute cette musique accumulée qui vieillit et s’oublie (vite) sous des strates poussiéreuses et nostalgiques. Personnellement j’ai toujours adoré ces allers-retours entre passé et modernité, à essayer de tirer de cet écheveau sonore des filiations improbables qui relient plus ou moins les protagonistes de ce grand flux continu. Rapide sélection de trucs qui ont pas mal tourné sur la platine cette année…

 

Quitte à frôler le kitsch plus 70’s tu meurs on peut se caler un petit Toni (ou Tony ?) ESPOSITO, qui nous distille son jazz percussif aux accents exotico-lounge. C’est frais en fait ; et roboratif.  Et ça aurait pu être produit très récemment. Et on peut parier que John ZORN doit bien avoir ça dans sa discothèque vorace.

 

 

Dans la même veine, un disque qui coche pas mal de cases (les miennes, certes), c’est « Listen Now » de l’anglais Phil MANZARENA. Art-rock avec de beaux accents jazzy. Et si ça vous rappelle ROXY MUSIC ou BRIAN ENO c’est un peu normal vu que toutes ces « entités » sont inextricablement liées.

 

 

Le somptueux disque d’Eiko ISHIBASHI a été un prétexte à de longues digressions et heures perdues youtubesques à puiser dans la pop-culture nipponne. De ce genre d’escapade on en revient pas forcément glorieux mais s’il y a un disque à garder ce serait peut-être le bien nommé « Japanese Girl » d’Akiko YANO. On navigue là en plein cliché when east meets west . Et d’aimer ça.

 

 

Idem : ALWAYS AUGUST (chroniqué en octobre dernier) ouvrait la boite de pandore du catalogue sans fin ni fond du label SST de la grande époque (avant qu'un certain Greg GINN ne soit systématiquement pointé du doigt par les groupes pour malversations...) : ça défouraillait à tout va à élargir le roster du label avec tout ce qui se faisait de cool, hybride et underground à l'époque. Ca vaut vraiment la peine de (re-) découvrir des perles planquées sous le bitume comme les TAR BABIES et leur jazz-funk frais et roboratif. No Contest est de ces albums confidentiels et solides qui méritent qu'on se les repasse sous cape. ALTER NATIVES qui mélangent prog, noise, rock ou jazz :  la fusion avant l'heure. Ne pas oublier UNIVERSAL CONGRESS OF, l'incarnation post-SACCHARINE TRUST de Joe BAIZA) qui délivre le jazz le plus cool de la côte ouest. Et peut-être de la planète. « Prosperous & Qualified » figure dans mon top 10 intime des disques de jazz. Pas moins. Les plus téméraires peuvent toujours piocher dans la disco azimutée de ZOOGZ RIFT ancien catcheur dont les influences BEEFHEART-ZAPPA-tesques s'affichent sans retenue. Autant commencer par le quasi commercial « Water II : At Safe Distance » (« safe » - sāf = sûr, sans danger...). Encore plus opaque, on a Steve FISK. Derrière cette bonne tête de geek des années 80's, on a un producteur, un guitariste émérite (qui officiait dans PELL MELL), et aussi une tête chercheuse qui découvrait les possibilités exponentielles du sampling. « 448 Deathless Days » est un album sans queue ni tête dont l'étrangeté laisse l'auditeur toujours aussi perplexe une quarantaine d'années plus tard. Un petit dernier ? Beaucoup plus classique et convenu, quasiment introuvable à l'heure actuelle, mais d'une classe absolue, « Happy Nightmare » Baby d'OPAL nous distille son folk rock psyché intemporel et altier (RoughTrade a sorti 2 ans plus tard une compilation « Early Recordings » offrant un volet beaucoup plus intimiste du duo). De ces groupes ultra-confidentiels qui ont du influencer une tripotée d'artistes depuis...  

 

 

Dommage : on ne va toujours pas quitter SST... Si vous suivez la pitoyable actualité vous avez peut-être vu la dernière incarnation de BLACK FLAG soit trois post-ados relativement doués au service de la mégalomanie d’un Greg GINN qui au passage emmerde bien les autres membres historiques du combo légendaire (et par là même recentre le propos sur son crédo : BLACK FLAG c’est lui, et n’importe qui, même médiocre, peut devenir membre du groupe). Pathétique gouffre sans fin ni fond : ouais c’est moche un punk qui vieillit. Autant en profiter pour se repasser la discographie post-BLACK FLAG de ce guitariste de génie qui a tendance à multiplier les projets comme de simples extensions tentaculaires de lui-même. À l’exception des deux (excellents) premiers GONE (avec la future section rythmique d'élite du ROLLINS BAND) sa guitare est poussée dans les recoins autistique de son style : GINN joue du GINN en boucles hermétiques et massacre la plupart des productions avec un son basse-batterie dégueulasse. De ce smegma nauséeux, The TAYLOR TEXAS CORRUGATORS tire son épingle de la meule de foin avec une espèce de country-blues de salon déglinguée où les solos erratiques de GINN se dé-calent parfaitement. Il y a un peu de GONE dans son projet MOJACK qui nous délivre son punk-jazz mutant... avec un saxo en plus ce qui est plutôt inattendu (et bienvenu) dans l'univers autocentré du guitariste : et ça se tire la bourre en volute interminables.  

 

 

On clôture définitivement la période SST, c’est promis. Mais ainsi était 2025 à naviguer mollement dans le passé… Et GEZA X, sorte de parrain de la scène punk californienne (associé de près ou de loin à certains groupes du label) s’est pas mal invité sur les écoutes. Plaisir de redécouvrir son art-punk créatif et anguleux. 

 

 

Celui-là on se le gardait un peu sous le coude. Ce genre d’album dont on se demande encore comment on a pu passer à côté pendant tant d’années et qui aurait sûrement changé le cours des choses si découvert pendant une adolescence musicalement avide… RAIN PARADE et son Emergency Third Rail Power Trip distille un rock finement psychédélique. Loin de rivaliser avec les dissonances bruyantes des SONIC YOUTH de la décennie 80, RAIN PARADE opte pour les mélodies subtiles, une pop élégante brouillée par des saillies électrifiées (mais pas trop !). le guitariste David ROBACK est aussi derrière OPAL précédemment cité. Le groupe après un 2ème album très inégal s’est retrouvé sur un (très correct)  « Last Rays of the Dying Sun » presque 40 ans plus tard…

 

En voilà une qui a dû faire baver Mr OIZO et les apprentis sorcier en home studio. La japonaise Junko TANGE et son projet TOLERANCE n’a sorti que deux albums au début des années 80’s. Son premier était franchement arty et déglingué là où  « Divin » verse dans le registre analogique cradingue et rampant, avec du gros souffle et des gros filtres patauds. De quoi tripper sévère à découvrir les pulsations entêtantes de cette proto-techno à base de bandes et de vieux synthés bruyants.

 

 

Chaque année, cette impression que la discographie de motherfucking Miles n’a pas fini de nous livrer quelques pépites… Avec « Turnaround » par exemple ; soient une poignée d’inédits enregistrés à l’époque du magistral «On Air ». L’éternelle leçon de classe tout en retenue reptilienne. 

 

 

Jazz, toujours avec le tout aussi funky « Two Is One » de Charlie ROUSE. On nage au cœur des années 70’s, où le genre commençait à se réinventer et s’hybrider. Moins hybride mais plutôt mâtiné de petites touche free (et belle surprise automnale) c’est le trop confidentiel « Off Centre » de JOHN CAMERON QUARTET.

 

 

Atterrissage en souplesse (et nostalgie) avec le folk-rock on ne peut plus classique de Songs for Juli de Jesse COLIN YOUNG. C'est le disque sympa avec des accents bluesy et des arrangements solides. Certes il n’a pas la gouaille chaloupée d’un Tony Joe WHITE ou le velouté classieux d’un J.J CALE, mais c’est un disque confortable à se repasser le cul calé dans un vieux fauteuil à siroter une bière américaine fadasse. Tout ça va pas nous ramener John CAGE, certes...

 

 Et tous nos meilleurs vœux musicaux (ou quelque chose comme ça) ! Le champ des musique est un flux continu ouvert en permanence à notre curiosité avide...

lundi 8 décembre 2025

2025 dans le périscope (pt 1/2)


2025 touche à sa fin. Le 21 siècle n’en est pas loin non plus. L’année nous a laissés pantois à contempler le nouveau visage du fascisme 2.0, qu’il soit blondin peroxydé et coprophage ou improbable et tout aussi vulgaire Mussolini sans prép-ce. Un troisième ? Il est blanc comme un cul, froid comme un iceberg gavé au césium et marine dans un bouillon toxique de rancune et de rêves de grandeur d’Empire retrouvée. Pendant ce temps, plus près de chez nous un petit monarque jupitérien s’est cramé les ailes sous le plafond de verre de ses compétences, aveuglé par son propre éclat.  Pendant ce temps-là le bon petit peuple forcément vertueux et hyper-consumériste attend encore le grand soir et les lendemains déchantant qui en découlent pendant que les autres glorifient un passé glorieux qui n’a jamais existé, c’était tellement vieux amant, hein ? Tous ignorant probablement que l’emballement des crises et l’horizon économique qui n’a de cesse de reculer est pieds et poings lié à une sainte croissance qui prend des airs d’arlésienne évanescente depuis que le pic pétrolier a été dépassé dans un silence minéral. Mais comme ce bon vieux philosophe aimait à nous le répéter à l’heure du petit déjeuner « l’art nous est donné pour nous empêcher de mourir de la (post-)vérité ». Philosophie de comptoir boudeuse qui en a pris pour son grade depuis que Shein (prononcer « Scheiße », ça signifie merde en allemand) ou Temu (prononcer t’es mou) ont pris le contrôle de nos esprits et de notre porte-monnaie. Que reste-t-il de nos amours musicales alors ? Evil-Spoty et Shitcamp joués dans des @irpods de contrefaçon vendu par un agitateur culturel franchement largué? Lassitude moderne guettant à tous les étages, le parti pris cette année était comme d’habitude fainéant ; et peut-être plus rétrograde que jamais aussi. A chercher le réconfort en puisant dans tous ces vieux trucs surannés pour lesquels mon appétence n’a pas faibli : il y a certes le présent pour fouiner dans l’actualité féconde mais une vie entière ne suffirait pas pour piocher dans les archives de la petite histoire musicale… Alors désolé pour les vieux beaux de la génération X qui s’accrochent désespérément à une morne branchitude : pas ici qu’on pourra dénicher le next big thing qui donnera l’illusion d’encore en être… Les jeunes s’en foutent, ils ont compris à piocher allègrement n’importe où et n’importe comment : c’est vrai qu’entre Jimi Hendrix, Bananarama et Mister Gims il n’y a au plus qu'une poignée d'années d’écart.

 

Récemment, c’est le "It’s a Beautiful Place" du duo WATER FROM YOUR EYES qui aura résumé l’année écoulée à lui seul. Pas cherché plus loin vu que ce petit bijou de pop déjantée et inclassable semble balayer crânement le spectre des « musique actuelles ». Un grand bond en avant dans leur discographie restée jusqu’ici pertinente mais plus hermétique. (allez : on leur accorde un 9/10. Et ce sera la seule note). 

La suite a été confuse avec ces deux albums à la source de dilemme intime : « ça vaut une chronique ou pas ? » (« oh et puis merde, trop la flemme »). De ce genre d’album presque parfait qui semblait cocher toutes les cases mais cette petite voix intérieure lancinante qui vient pourrir la vision lissée…  

Choke Enough d’OKLOU est un petit omni d’électro-pop adoubé par FKA Twigs. Même France Culture se confondait en louanges excessives, allant jusqu’à relier l’album de la jeune française à la culture rave des années 90’s (les poignées d’ecstas en moins). Certes à la rédaction ils n’avaient pas encore eu Siràt à se coller sous le palais pour tripper de la sorte. Non, c’est peut-être le refrain niaiseux sur Harvest Sky ; note discordante qui a réussi à faire vaciller un si bel édifice… (8/10 pour la peine, sinon on frôlait l’absolu ! Promis : plus de notation).

 

Je ne connaissais pas Eiko ISHIBASHI, artiste discrète et versatile, avec un net penchant pour les textures expérimentales. La compagne de l’exilé Jim O’ Rourke revient avec un Antigone de facture très classique : une pop jazzy, sombre et mélancolique qui vous murmure des horreurs à l’oreille. Les chansons pareilles à d’amples mouvements veloutés sont portées par de somptueux arrangements « à l’ancienne ». Mais le malaise se niche dans l’indicible à traquer de la sorte le détail qui cloche alors qu’il n’existe pas : à force de chicaneries il fallait bien admettre que les parois du chef d’œuvre étaient dépourvues de quelconque faiblesse ou aspérité. Mais c’était trop tard (catégorie « trop la flemme après coup, hein » ). 

Complètement passé à côté du dernier BIG BRAVE malgré un teasing prometteur. Le trio doom se renouvelle complètement, se libérant des tensions et du volume pour ne garder que drone et pulsations. La liberté de ton semble être la seule règle pour ce brulot de dark ambient rituelle et tactile. Un pas de côté réussi dans une discographie elle-même à part.

MULE JENNY n’est peut-être pas aussi connu que les autres groupes dans lesquels les membres officient (WE INSIST ! et LYSISTRATA quoi…), mais avec ce Take Enough Leeway, le trio a de quoi prétendre à se hisser très haut dans le petit microcosme (parfois étriqué) du noise-rock. C’est fluide, nerveux et alambiqué. Sincère aussi. L’enregistrement sec met en valeur tout le potentiel scénique : MULE JENNY,merci de passer près de chez moi !  


Après avoir délicieusement perdu pas mal de fans de la première heure avec leur   Infinite Granite aux accent shogaziens marqués, DEAFHEAVEN se recentre sur sa marque de fabrique initiale avec ce Lonely People With Power qui distille son post-black-métal (ou black post-métal ??) avec la même ferveur terrassante du séminal Sunbather. Le genre d’album qu’on va retrouver à coup sûr dans le top 10 de l’année (dans sa sous-catégorie…).

C’est bien parfois de sortir de sa zone de confort… En compagnie de Steven Wilson. Ne connaissant PORCUPINE TREE que de nom, j’ignorais que WILSON traçait sa route obstinément avec une discographie longue comme un bras; et des morceaux longs comme un bras avec « Objects Outlive Us » de 23 minutes qui inaugure un The Overview généreux et plus prog-rock que jamais. De là se retaper la disco intégrale Yes ou VAN DER GRAAF GENERATOR il n’y a qu’un Rubicon que je ne franchirais pas (flemme…).

On peut toujours contrebalancer les escapades prog’ coupables avec le (post ?) punk riot girls du trio irlandais.e.s MHAOL (se prononcerait « mule »…). C’est anguleux, engagé et enragé. Le tout plié dans l’urgence (punk) en moins de 30 minutes. What the fuck else ? Si : le collectif canadien LA SECURITE qui délivre autant d’énergie énergie avec moins de papier de verre et plus de hype bien groovy.

Dans des registres plus obscurs qui ne versent pas dans l’austérité du genre, la newyorkaise Lew NIYOMKARN propose une musique électro-expérimentale qui reste cependant ludique et exploratoire (à rapprocher des Mathias PUECH ou Gonçalo F. CARDOSO). 

Belles surprise glanées sur un blog « ami» (Inactuelles) qui fait de la résistance : le quatuor IKI dont le travail sur The Body (qui peut rappeler Meredith MONK ou Terry RILEY ) est axé sur les voix ainsi que le Time of Change d’Angelina Yershova qui s’ingénie à brouiller le signal de son piano erratique (bel à-côté dans une discographie plutôt new age…).

Les travaux du marocain Ahmed ESSYAD ont été récemment réédités et c’est un plaisir de découvrir ses manipulations électroacoustiques arides, tendues et chargées de mystères. Et c’est forcément sur SubRosa que l’on trouve encore ce genre de surprises.

Autre réédition, c’est Mental Detentions de l’écossais Robert RENTAL. Associé à la scène radicale de l’époque (THROBBING GRISTLE, WHITEHOUSE) ses synthés délivrent une musique sombre et rituelle entre pulsation cardiaque et échos de friches industrielles.

Sinon il y aura toujours une place secrète pour un disque de Jérôme NOETINGER, cet infatigable activiste des musiques de traverses, et maitre dans l’art de pousser un Revox dans ses limites. Et Intensior Corda Sonus résume bien son esthétique (et son engagement) avec ces manipulations virtuoses et abrasives.

Ajout de dernière minute !! Jorge DURAN RODRIGUEZ. Evidemment inconnu au bataillon, Across Currents propose une collaboration live avec Takaro KUROKAWA sur laquelle ils explorent rythmes, glitches nappes et pulsations. Le concept n’est pas des plus original mais le résultat est d’une fraicheur (certes rigoureuse). Belle surprise de l’année…

 

Catégorie des vétérans qui d.étonnent toujours, on a une belle livraison cette année. Les vieux briscards s’entêtent, font de la résistance avec une carrière à rallonge. Mais ils ont souvent pavé la voie et participé à définir les esthétiques en cours (ou leurs fondations à minima…). Après leur réinterprétation espiègle du In C de Terry RILEY on ne les attendait plus vraiment, perchés sur leur petit nuage. Les YOUNG GODS nous balancent un Appear Disappear solidement ancré dans son passé avec les samples bien en avant et cette chaloupe electro-indus dont ils se défendent. Rien que pour le groove monocorde de Shine That Drone la longue route en vaut la peine. 

Autre habitué de ces pages c'est Mick HARRIS qui toaste sévère, sous son patronyme cette fois : après les Hednod Sessions qui proposaient une version du SCORN décharné jusqu'à l'os des années 2000, ces Culvert Dub Sessions pachydermiques font plutôt le parallèle avec les récentes sorties plombées dans des basses abyssales et cradingues. 

Après un hiatus de près d'une décennie, et pas loin de trois décennies d'existence, TORTOISE, vétérans du post- jazz ou rock, c'est selon, nous reviennent avec un Touch tout en velours matois et organique. De là à affirmer que c'est leur meilleur travail depuis Standards, c'est un raccourci que je ne prendrais pas, mais il est sûr que le collectif de Chicago a toujours su évoluer sereinement comme un seul corps. 

Cerise sur le gâteux, c'est le sludge-noise sociopathe des vétérans suédois de BRAINBOMBS qui sort du bois comme on crie au loup avec le très subtilement nommé « DIE ». Rien de neuf avec leur mid-tempo concassé, riffs saturés en boucle et cette voix monocorde qui débite l'horreur indicible. Non : rien. Mais ça fait toujours plaisir de savoir que BRAINBOMBS existe toujours, juste tapi dans un coin d'ombre et prêt à vous sauter à la gueule ; histoire de ruiner une journée qui s'annonçait prometteuse. 

Et puis on peut toujours parler de ZËRO sans pour autant parler de rien. Les transfuges de BÄSTARD/DEITY soit ce qui s’est fait de plus excitant dans la scène noise française des 90’s ont toujours continué leur cheminement avec une belle flopée d’albums dont leur dernier Never Ending Rodeo qui continue d’ouvrir de beaux espaces entre fougue « noiseuse » et post-rock illuminé.