« J'ai vu des gens commettre de grands actes de mal sans jamais être heureux, et des gens commettre de grands actes d'amour, toujours heureux » (Takiaya Reed guitariste de D//D)
L'Un.
DIVIDE AND DISSOLVE "Insatiable" (BellaUNion. 2025)
« J'ai vu des gens commettre de grands actes de mal sans jamais être heureux, et des gens commettre de grands actes d'amour, toujours heureux » (Takiaya Reed guitariste de D//D)
L'Un.
DIVIDE AND DISSOLVE "Insatiable" (BellaUNion. 2025)
"Rien ne vaut la peine de rien
Il n'y a plus rien...Plus, plus rien" (Léo Ferré)
A part peut-être une attirance marquée pour les infra-grésillements pré-apocalyptique qui saturent l’air vicié de notre contemporanéité au bord du gouffre, quel est le point commun entre ces trois entités ? Pour faire simple, The BUG (aka Kevin Martin) a collaboré avec DIS FIG, cette dernière avec The BODY qui eux auront prêté main forte aux gars d’UNIFORM. Entre musiques extrêmes ou postures underground aux avant-postes, les frontières sont poreuses et les collaborations coulent de source et renforcent les connexions souterraines.
On navigue avec aisance dans un marigot d’eaux lourdes et saumâtres à arrière-goût tenace de cauchemar mécanique. Des œuvres pas vraiment en phase avec nos tentatives désespérées d’installer un cercle zen et harmonieux dans le cadre paisible de nos existences infra-ordinaires. Mais qui colle si bien à l’envers du décorum de notre contemporanéité sise au bord d’un abîme confortable.
Ne resterait plus qu'un The BUG vs UNIFORM pour boucler cette spirale infernale ?
L'Un.
The BUG "Machine" (Relapse. 2024)
The Body & DIS FIG "Orchard is a Futile Heaven" (ThrillJockey. 2024)
UNIFORM "American Standard" (SacredBones. 2024)
"Il n'est aucune bête sur la terre dont la démence ne soit infiniment surpassée par celle de l'homme". (H. Melville)
Alors on met l’anecdote de côté, pleins gaz vers à l’ouest pour se frotter à ce putain de super power-trio aux looks de bucherons mal équarris. SUMAC, c’est un des projets d’Aaron TURNER, grand braillard barbu au pédigrée post-hardcore long comme ma manche de chemise (de bucheron) : ISIS, OLD MAN GLOOM ; l’excellent (feu) label Hydrahead aussi. Flanqué de 2 acolytes au passé tout aussi bruyant (Brian Cook, ex-BOTCH entre autres, et Nick Yacyshyn des méconnus et excellents BAPTISTS), le trio formé lorgne vers un sludge-rock expérimental aux structures rythmiques complexes qui n’exclue pas des interludes ambiants. Lenteur, lourdeur et pas mal d’introspection forcée à tourner sans cesse en volutes pour s’extirper de cette vallée de larmes. Consumés par le feu ? Certainement. Le trio resserré a mis tous ses voyants intimes au point homéostatique pour mieux se jeter à corps perdu. Vumètres des amplis dans le rouge pour cette longue transe cathartique de plus d’une heure. Alors ça doome, ça drone à tout va. Des stop & go puissants avec ces temps d’arrêt sur des arpèges en lignes claires avant de replonger dans le chaudron métallique, voire des digressions franchement free. Au cœur de ce maelstrom sonique se dessinent de longs et amples mouvements, superbement servis par une production aérée. Les méandres dessinés à la hache obéissent aux connexions synaptiques subtilement établies entre les 3 protagonistes : impression de naviguer à vue entre écriture, improvisation et symbiose, où chaque instrument occupe pleinement l’espace sans effacer l’autre. The Healer est un objet (très) erratique aux textures et dynamiques variées. Un rollercoaster émotionnel, ou un bateau ivre noyé dans une lutte contre un léviathan intime. L’immersion est totale mais (très) exigeante, le malaise est prégnant et libératoire.
L'Un.
SUMAC : "The Healer (ThrillJockey. 2024)
"Où ça nous mène, la folie des hommes. On court tout droit à notre perte." (La Classe Américaine)
L'Un.
EYE FLYS : "s/t" (ThrillJockey. 2023)