lundi 8 novembre 2021

BUMMER "Dead Horse"

 « There is nothing wrong with America that cannot be cured by what is right with America. »  

(Bill Clinton)


Alors OK : à l’exception de quelques trucs probablement trop arty comme Oxbow ou Disappears, et autres fulgurances restées sans suite (Punch… Friendship…) il faut reconnaitre que le « rock » dans son périmètre le plus vague et son expression la plus crue a rarement droit de cité dans ces pages. Peut-être pour éviter de tourner en rond. Certes. Mais avec ce power trio de teigneux, on va remettre les compteurs à 0 (ou 666) une bonne fois pour toute. Parce qu’à part la pochette, ben y a rien d’arty chez Bummer (à commencer par le nom…). Pas d’afféterie ou d’enrobage esthétique : on avance en formation resserrée, sans effet de manche ou de pédale, les amplis à fond les balloches. C’est Spinal Tap, avec les potards à 11, le cheveu gras, mais sans tout le barnum qu’on associe à l’ordinaire… Le groupe est originaire de Kansas City, une ville plutôt connue pour le bop (certes enragé) de Charlie Parker, peut-être les fraques de Bill Clinton ; et c’est tout. Et leur musique doit être le seul exutoire qu’un ado moyen peut trouver pour passer son angst et l’ennui profond qui se dégage d’une ville du midwest américain. Parce qu’avec des titres aussi gracieusement nommés que « I want to punch Bruce Springsteen in the dick », on se dit qu’ils ont vraiment dû morfler, à se taper la musique du Boss en boucles qui passait sur l’autoradio de la berline familiale. Agression sonore rampante d’une constance obsessionnelle, à pousser la beuglante autour d’une cavalcade de riffs vicieux sur une rythmique de bucheron émasculé… Ca évoque un peu ce que Nirvana aurait pu produire dans la foulée de leur séminal Bleach, si ce crétin de Curt Cobain n’avait pas sombré dans le vaguement commercial et la guedro… D'ailleurs ça rappelle foutrement l'écurie SubPop des grands débuts, avec cette attitude à jeanfoutre à la Mudhoney ou ce look de Tad... Mais les gars de Bummer s’en battent un peu la race de tout ça, tant qu’ils peuvent continuer à délivrer à un monde qui court à sa perte leur tendre message pétri de frustration adipeuse, de rancœur primale et de hargne brute. Et c’est pas chose si facile par les temps qui courent.

 

L'Un.

BUMMER : "Dead Horse"

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