closer to the edge...
1/ Songs from the forest (Louis Sarno) : « Tree drumming »
2/ 23 Skidoo : « shrine »
3/ Biosphere : « Ancient Campfire »
4/ Biosphere : « Path leading to the high grass »
5/ Strangulated Beatoffs : « reverse child psychology »
6/ Lilith : « Clay »
7/ Steve Roden : « airforms »
8/ Christopher McFall : « One of several possible endings »
9/ Andreas Bick : « Frost pattern »
10/ Cristian Vogel : « Sora tobu black swan »
11/ Andreas Bick : « Fire pattern »
12/ Nurse with wound : « Echo poem »
13/ Steve Roden & TuM’ : « flowers drawn »
14/ Steve Roden & TuM’ : « Geographies »
15/ Multicast Dynamics : « IMU »
16/ Celer : « Climbing formation »
17/ Muslimgauze : « Ferdowsi »
18/ Multicast Dynamics : « Muodossa (vc-118a reshape)
19/ Brian Eno : « Neroli »
20/ Max Richter : « Space 21 »
21/ TÔ (aka Thomas Tilly) : « Elaeis guineensis pt2 »
xx/ StfBrd : pulse pattern
dimanche 28 février 2016
dimanche 14 février 2016
PHARAOH OVERLORD
On tient là rien de moins qu'une sorte de face B cachée et inavouable de ces velus d'Endless Boogie qui découvriraient abruptement que le boogie n'était pas le seul à régner dans les années 70's ; il suffisait de tracer une ligne improbable entre Long Island, Köln et Hel(l)sinki. S'ils l'avaient su ils auraient pu taper le bœuf avec ces teutons de Can, et avec une bonne dose de neuroleptiques, ça aurait pu donner « ça » : Pharaoh Overlord. La filiation est scrofuleuse, okay, mais les deux groupes ont au moins le même label en commun.Maintenant ça me revient, ces rockers huppés qui arboraient des tee shirts estampillés d'un sibyllin "Pharaoh Overlord", dans les clubs des grandes villes scandinaves. J'avais classé l'affaire à la hâte, assimilant à tort ce groupe à une énième version des Hellacopters, groupe phare d'une scène locale revivaliste à mourir qui essaimait des clones au km dans une région où, passés la contemplation des aurores boréales et les torchées méticuleuses qui vont de pair au coeur d'un hiver sans fin, ben il restait plus grand chose à faire, sinon astiquer un manche et ses six cordes (et se saouler avec une rigueur de méthodiste). Mais ces gars là n'ont pas eu besoin d’enchaîner les trois-quatre accords de rigueur, tout juste bons à sortir un squelette de riff par morceau et à manier l'art de la répétition ad nauseam. Une fois mis en place, le truc se cale, c'est dans la boîte, ça vous vrille les oreilles en douceur pour le reste de la journée. Le truc facile quoi, en position de pilotage automatique qui revisite les zones grises d'un rock 70's flamboyant et psychédélique, s'essayant au grand écart entre Hawkwind et... Funkadelic (!), la fleur au fusil. C'est simple : ces gars là ont mis le stoner-rock en boucle à la sauce dub avec leur épure renforcée à grand coup d'effets saturés et cette production à la subtilité mal décoffrée : stoner-groove. Au moins va t'on à l'essentiel sans s'encombrer de ces interminables solos de guitare, et on aura le plaisir de faire vaciller la toute dernière frange d'irréductibles rockers perdus dans les afters sans fin de raves champêtres en mal de sensations cheap, adeptes béats d'une narcose extatique auréolée d'une authenticité de bon aloi. Pharaoh Overlord surfent sur le j'ai déjà entendu ça, recyclant finement les bribes d'un idiome rock sanctuarisé : on va là simplement se contenter de tourner en rond... En ce, ils s'inscrivent dans le sillage presque effacé des Brainbombs, Flipper, Strangulated Beatoffs et autres F/I, forcenés activistes d'un courant autistiquement incorrect de la musique sédative qui se mord les gonades à force de se la jouer (en boucle).
L'Un
Pas d'album particulier... Personnellement je me suis limité aux deux premiers albums judicieusement nommés "I" et "II"... Récemment est (à peine) sorti (de l'ombre) "Circle" aux accents kraut-rock bien marqués.
samedi 30 janvier 2016
Mathias DELPLANQUE : "Drachen"
je regarde les
photographies de la pochette c’est bien cet espace laissé à son propre
abandon que Mathias Delplanque a cette fois-ci choisi d’investir non pour le
remplir mais pour en souligner son absolue désolation un ange passe fantomatique
long travelling suspendu perdu dans une contemplation introspective les échos
crépusculaires de guitare qui traversent un paysage offert à la rouille et au vent anatomie de la
déréliction chasser le dragon tapi
dans cette indicible mélancolie post-industrielle si le précédent Chutes se jouait des
mises en abîme Drachen accroche les particules de poussières en suspension
piégées par un rai de lumière malade les articulations sont toujours aussi
organiques s’inscrivant cependant dans un mouvement plus ample et délié en
longs aplats de grésillements de matière parfaitement maitrisés les possibles comparaisons
et connexions des plus pertinentes fusent mais d’éviter cette fois-ci de tomber dans ce
fâcheux travers le projet semble avoir mûri loin des regards à l’écart du
tourbillon incessant de ce monde hyper-connecté épris d’instantanéité cher Mathias j’aime beaucoup ce que tu fais
mais là que veux-tu tu es encore allé trop loin encore un de ces
disques qui va hanter le chevet de mes
nuits blêmes et meubler mes silences ahuris.
L'Un
Mathias DELPLANQUE : "Drachen" ( IciD'Ailleurs. 2015)
lundi 18 janvier 2016
Oren AMBARCHI : Sagittarian Domain / Tied Tongue
"then they started playing, they kept playing, they kept playing, I asked them to stop, but they kept playing, they kept playing, I said please but they kept playing. I still hear them, they keep playing, they keep playing" (David Tarling)
Versatile Oren Ambarchi. Multi-instrumentiste à l’œuvre pléthorique, son domaine de prédilection se situe quelque part entre l’improvisation, l’électronique, la musique contemporaine et le métal avant-gardiste. Collaborateur infatigable, on peine à lui imaginer une œuvre solitaire. Celle-ci oscille et vacille en boucle, forgée au gré des rencontres et des obsessions. En filtrant ces dernières, on peut isoler une attirance prononcée pour les structures répétitives et hypnotiques.
« Organiques », dit-on plus communément : avec Sagittarian Domain, l’idée est réduite à sa plus simple expression, démarrant sur une pulsation basse tout aussi invariable qu’une rythmique lancinante. Sécheresse chaloupée d’un groove au cordeau où foisonnent les feedbacks d’une guitare trafiquée. On embarque pour un voyage aux accents faustiens, dans la chaleur luxuriante d’une transe atonale. L’échine courbe, la moelle épinière se contracte alors même que nos terminaisons neuronales affolées cherchent encore à traiter le signal brouillé. Un bourdonnement mécanique centripète se crée, niché non loin des frontières parasitées de la techno et de l’essence d’un rock réduit à sa plus brute expression.
"Pendant
un bref instant tout de finesse, quelque chose de doux traversa mon
corps exténué. Je lui dis : ouvrez la fenêtre, depuis quelques jours je
sais voler" (Werner Herzog).
Il y a un parallèle évident à établir avec le récent « Tongue Tied », collaboration avec Johann Berthling. Sorte de variation sinueuse et progressive qui s’inscrit dans une symétrie opposée, pour finalement emprunter le même schéma précédemment employé par Sagittarian. Les comparses prennent leur temps, se cherchant l’un et l’autre, dans un long premier morceau erratique où les aplats d’orgue hammond offrent un cadre aux reptations d’une basse déliée. Ce n’est qu’au bout de 7 minutes que l’élément rythmique s’installe. Oren Ambarchi opte pour une approche plus discrète, son jeu s’appuyant sur l’utilisation des cymbales et balais qui relancent invariablement une pulsation soutenue mais aussi plus aérée. A un certain point d’équilibre jugé atteint, s’enclenche cette répétition à nouveau implacable. Mais les tonalités sont plus chaudes, la mise en boucle moins rigide, et le corps précédemment oppressé dans un carcan indépassable cède là le terrain à un esprit alerte et apaisé qui retrouve l’espace nécessaire à sa respiration, et ce qu'il y a, après…
L'Un.
Oren AMBARCHI : Sagittarian Domain (Edi° Mego. 2012)
Oren AMBARCHI & Johann BERTHLING (Häpna. 2015)
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