"Nitrous
oxide fucks my head, My baby wants blue velvet, She makes me see red" (Casey ROYER. D.I)
Enfin un album pour
lequel on n’utilisera pas le préfixe post-, abusivement utilisé
dans ces pages. Parce que dans le cas de TORU, c’est plutôt
FREE-
qu’on leur appliquerait volontiers.
Free-form,
free-rock,
free-metal
ou free-noise
et j’en passe. Un discret uppercut salutaire dans un monde
convenu souvent borné et bien délimité. Une liberté de ton qui
passe par des territoires rocailleux, ces routes d’à-côté
cahoteuses qui, au prix de quelques efforts vous laissent découvrir
des paysages à la sauvagerie inouïe. Le trio français brouille les
pistes sensorielles et canaux auditifs cramés à entretenir ce léger
flou suspendu entre le territoire de l’écriture et les steppes
improvisées. Velours électrique exécuté avec une poigne de fer
dans un gant de
velours fer chauffé à
blanc. Stop & go. Tension – relâche. Moments de calme sous
tensions indicibles. Solos ciselés et acérés. Fougue sous
contrôle. Tensions dévorantes et fuligineuses. L’entité TORU
puise énergie brute et cathartique au cœur même d’une matière
anthracite en expansion perpétuelle. Le genre de pavé qui résume
avec son éclat mat 3 ou 4 décennies d’activisme noise forcené et
autres formes d’expression sursaturées. A classer d’emblée
auprès des ZENI GEVA, Rudolph GREY, Stephen O’MALLEY, le duo
ASCENSION ou le MASSAKER de Caspar BRÖTZMANN, une fois la tempête
passée, le disque et les oreilles usées à force de se repasser
Velours Dévorant au p’tit dej’.
Free your mind and your ass
will follow.
Voilà, c’était la
dernière chronique de ce blog. Pas peu fier de tirer le rideau (en
velours) avec une étoile filante de cette trempe. Merci à vous !
Stéphane B.
TORU : Velours Dévorant. 2025